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Des réseaux efficaces, économes et durables

Des réseaux efficaces, économes et durables

Michèle Wigger, professeure au LTCI de Télécom Paris, février 2026

Michèle Wigger (image carrée Ideas)

La recherche de Michèle Wigger s’appuie sur la théorie de l’information et des mathématiques appliquées pour concevoir des réseaux efficaces, fiables et durables sous fortes contraintes de ressources.

Ses travaux s’inscrivent dans une recherche fondamentale exigeante, à la frontière entre mathématiques appliquées et ingénierie, visant à comprendre les lois fondamentales qui gouvernent les systèmes distribués de traitement de l’information.

La professeure du LTCI s’intéresse à la caractérisation des limites fondamentales de performance. Elle conçoit des algorithmes efficaces pour atteindre ces dernières dans des systèmes distribués tels que les réseaux de capteurs, le calcul et le stockage distribués, ainsi que les communications dans les standards émergents.

Biographie de Michèle Wigger
Michèle Wigger a obtenu une maîtrise en génie électrique avec mention et un doctorat en génie électrique à l’ETH Zurich, respectivement en 2003 et 2008. En 2009, elle a été post-doctorante à l’université de Californie à San Diego, aux États-Unis, avant de rejoindre Télécom Paris, où elle est professeure titulaire depuis 2018. Elle a été professeure invitée à l’Institut de technologie Technion-Israel, à l’université de Zurich et à l’ETH Zurich. Elle a siégé au TPC de nombreuses conférences sur la théorie de l’information et les communications, ainsi qu’à divers comités de l’IEEE Information Theory Society, notamment son conseil d’administration. Parmi ses réalisations en matière de financement, citons une bourse Emergences de la ville de Paris, une bourse Discruptive-ICT de Huawei, une bourse Collaborative Project Grant de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et deux bourses ERC Starting et Consolidator Grants. Elle est récemment devenue IEEE Fellow.

Des capteurs soumis à des contraintes extrêmes

Un fil conducteur fort de ses recherches concerne les réseaux de capteurs distribués, utilisés par exemple pour surveiller la température ou l’activité du sol afin de détecter des événements critiques comme les incendies. Dans ces systèmes, des capteurs disséminés sur de vastes territoires transmettent des informations à un centre de décision chargé de trancher : y a-t-il un danger ou non ?

Ces dispositifs sont soumis à des contraintes extrêmes : les capteurs doivent fonctionner pendant 20 à 30 ans, consommer très peu d’énergie et communiquer de manière parcimonieuse pour ne pas saturer le réseau.

Ils doivent donc décider quand transmettre, que transmettre et quand se taire, tout en minimisant les fausses alertes et les erreurs de détection.

Des algorithmes optimisés

Au cœur des travaux de Michèle Wigger se trouve une question centrale :

quels sont les meilleurs algorithmes possibles, à la fois pour les capteurs (sous contrainte de ne pas utiliser trop de ressources ) et pour les centres de décision, et quelles précisions peuvent-ils atteindre ?

Répondre à cette question ne consiste pas seulement à proposer de nouveaux algorithmes, mais surtout à démontrer — parfois au terme de plusieurs années d’efforts — qu’aucune autre stratégie, actuelle ou future, ne peut faire mieux. Ces preuves, particulièrement complexes, ont notamment constitué des moments clés de ses recherches pendant ses dernières années.

La recherche fondamentale au service de l’ingénierie

Cette difficulté fait aussi la richesse de son travail :

établir des limites fondamentales, c’est dépasser l’optimisation incrémentale pour toucher à des résultats de portée générale, qui relèvent autant de la recherche fondamentale que de l’ingénierie.

Portés par un projet ERC (European Research Council) sur cinq ans, ses travaux actuels prolongent cette ambition : utiliser les mathématiques pour éclairer toutes les possibilités — et les impossibilités — des systèmes distribués modernes.

Michèle Wigger doublement distinguée :
Académie des Sciences & IEEE

Prix Michel Monpetit – INRIA de l’Académie des sciences

Elle reçoit le prix 2025 pour ses travaux en théorie de l’information. Chaque année, l’Académie des sciences décerne près de 80 prix à des chercheurs d’excellence de tous âges et de tous horizons scientifiques. Elle promeut ainsi, à l’aide de la générosité de donateurs privés comme publics, la vie scientifique française.

Le prix Michel-Monpetit est un prix scientifique français créé en 1977 par l’Académie des sciences pour récompenser un chercheur/une chercheuse ou un.e ingénieur.e pour ses travaux dans le domaine des mathématiques appliquées ou de l’informatique. Son nom vient de M. Monpetit, ancien directeur adjoint de l’IRIA (devenu l’INRIA par la suite). Ce prix est référencé par l’Académie des sciences sous la dénomination « Prix Michel Monpetit – INRIA », dans la catégorie « Prix Thématiques/Sciences mécaniques et informatiques ».

Le prix Michel Montpetit – INRIA de l’Académie des sciences représente pour moi une très belle reconnaissance de mon travail de la part d’un établissement très prestigieux, mais aussi pour mes collaborateurs de longue date comme Mireille Sarkiss (Télécom SudParis), mes doctorants et mes post-doctorants.
C’est toujours une grande satisfaction lorsque l’on arrive à avancer dans notre recherche et c’est très intéressant et stimulant d’un point de vue intellectuel.
Michèle Wigger

 

« Fellow » IEEE 2026

Michèle Wigger est promue au grade de Fellow en raison de ses contributions dans le domaine de la communication par rétroaction et la mise en cache.

L’IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers) est une organisation internationale qui regroupe des ingénieurs, chercheurs et professionnels des technologies.
Elle développe des normes techniques très utilisées dans l’informatique, l’électronique et les télécommunications (comme le Wi-Fi).
IEEE publie aussi des revues scientifiques et organise des conférences pour faire avancer la recherche.

La reconnaissance des réalisations de ses membres est un élément important de la mission de l’IEEE. Chaque année, à l’issue d’une procédure d’évaluation rigoureuse, le « fellow » comité de l’IEEE recommande un groupe restreint de candidats à la nomination au titre « IEEE Fellow ». Moins de 0,1 % des membres votants sont sélectionnés chaque année pour cette promotion.

En savoir plus : itsoc.org/news/itsoc-members-elevated-ieee-fellow-2026

 

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