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Derrière l’arbre de la conscience de l’IA se cache la forêt des problématiques politiques et sociales (20 Minutes)

En France, des chercheuses regrettent que les propos autour d’une possible « conscience » de l’IA détournent de réflexions plus urgentes sur les effets des modèles algorithmiques sur la société.

[…] Le sujet de la conscience de l’IA empêche d’approfondir les discussions « sur les limitations techniques de ces technologies, les discriminations qu’elles provoquent, leurs effets sur l’environnement, les biais présents dans les données », liste Tiphaine Viard, maîtresse de conférence à Télécom Paris. En coulisse, ces débats agitent les milieux scientifiques et législatifs depuis plusieurs années déjà, car, selon la chercheuse, « les enjeux sont similaires à ce qu’il s’est passé pour les réseaux sociaux. » Les grandes entreprises de la tech ont longtemps dit qu’elles n’avaient pas besoin d’être régulées, qu’elles se débrouilleraient : « Résultat, quinze ans plus tard, on se dit qu’il y a besoin d’un regard politique et citoyen. »

Quel cadre, alors, pour éviter que les algorithmes ne fassent du tort à la société ? L’explicabilité et la transparence des modèles sont deux des axes discutés, notamment, pour permettre une réglementation européenne de l’IA. « Et ce sont de bonnes pistes, continue Tiphaine Viard, mais à quoi cela doit-il ressembler ? Qu’est-ce qu’une bonne explication ? Quels sont les points de recours possibles si celle-ci montre qu’il y a eu discrimination ? » Il n’existe, pour le moment, aucune réponse fixe. […]

(c) illustration IA robot tablette – auteur xb100 via Freepik