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Culture du risque en France : sensibiliser et mobiliser les citoyens grâce au numérique

Chacun et chacune peut constater la place que prennent les catastrophes naturelles et technologiques dans le quotidien du pays. Si des outils de gestion de crise existent depuis longtemps, ils n’ont pas connu de révision majeure depuis de longues années. Pour répondre notamment à un enjeu de protection des populations, le ministère de la transition écologique vient de lancer une mission de modernisation de la culture du risque dont est membre Caroline Rizza, enseignante-chercheure à Télécom Paris.

Les exemples de catastrophes abondent malheureusement dans l’actualité : les inondations des vallées de la Roya et de la Vésubie, le passage de la tempête Irma aux Antilles, l’incendie du site Lubrizol à Rouen ou encore la crise du coronavirus que l’on connait depuis près d’un an. Que leurs causes soient d’origine naturelle ou technologique, nombreuses sont leurs victimes qui pourraient être évitées par une meilleure information des citoyens, une plus grande compréhension des risques, l’adoption de bonnes pratiques et le développement d’une véritable culture du risque.

Ce sont les objectifs de la nouvelle mission annoncée par la ministre de la transition écologique Barbara Pompili et présidée par Fred Courant, connu du grand public pour l’émission scientifique « C’est pas sorcier » et fondateur de la plateforme de culture scientifique L’Esprit Sorcier. Cette mission sera composée d’un comité de cinq experts, académiques et professionnels, spécialisés en communication, sciences comportementales, numérique et gestion de crise, parmi lesquels Caroline Rizza, enseignante-chercheure en sciences de l’information à Télécom Paris.

Menés au sein de l’Institut Interdisciplinaire de l’Innovation (UMR 9217), les travaux de recherche actuels de Caroline Rizza portent sur l’apport du numérique en gestion de crise et notamment sur les compétences numériques des acteurs d’une crise, qu’il s’agisse d’institutions ou de citoyens. Depuis 2018 elle coordonne plusieurs études sur le sujet dont le projet ANR MACIV « La gestion des citoyens et des volontaires : l’apport des médias sociaux en situation de crise » qui s’intéresse à la fois aux enjeux technologiques, institutionnels et citoyens à l’œuvre, avec l’objectif d’intégrer les initiatives citoyennes aux processus de gestion de crise. Ces résultats doivent servir au développement d’un module d’intégration de ces initiatives au sein de la plateforme de planification de la gestion de crise RIO-Suite (IMT Mines Albi).

La double expertise de Caroline Rizza sur les crises et le numérique permettra en particulier d’enrichir les réflexions du comité d’experts à la fois sur les dimensions informationnelle et organisationnelle de l’apport des médias sociaux et sur la participation citoyenne qui prend forme sur ces espaces publics virtuels : « À titre d’exemple, lors des attentats de Nice en juillet 2016, les taxis se sont immédiatement organisés pour évacuer les personnes présentes sur la Promenade des Anglais ; lors des attentats du Bataclan en 2015, les Parisiens ouvraient leurs portes pour accueillir qui ne pouvait regagner son domicile et utilisaient le hashtag #parisportesouvertes. […] L’arrivée des médias sociaux dans la vie quotidienne est venue enrichir ce panel d’initiatives en permettant qu’elles se manifestent et s’organisent en ligne en complément des actions qui naissent habituellement et spontanément sur le terrain. » (source : The Conversation)

La nouvelle mission devra permettre d’aller vers plus d’implication des populations et de moderniser les dispositifs d’information et d’acculturation du public aux risques. Elle répondra ainsi à un enjeu de protection des populations mais aussi à un enjeu de sensibilisation aux conséquences tangibles du réchauffement climatique. Elle rendra son rapport avec ses recommandations en juin 2021.

 

Illustration : photo par Phoenix Taylor – Stockvault