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Télécom Paris, une politique volontariste sur les logiciels libres

Depuis toujours, les enseignants-chercheurs de Télécom Paris, mais aussi les ingénieurs de recherche ou les doctorants, écrivent des logiciels à des fins d’enseignement ou de recherche. L’ensemble des projets auxquels contribuent des personnels de l’école ou bien qu’ils ont initié est désormais réuni au sein du Centre pour l’innovation des logiciels libres ou COSI (Center for Open Software Innovation) de Télécom Paris.

Marc Jeanmougin, Ingénieur recherche & développement au sein du laboratoire LTCI de Télécom Paris, est à l’origine de la création du COSI, grâce à son travail de recensement de la trentaine de logiciels créés ou maintenus dans toutes les équipes du laboratoire. Il est également contributeur du logiciel Inkscape et responsable de la version 1.0 qui vient d’être mise en ligne.

Inkscape est un éditeur de graphiques vectoriels libre, open source et multiplateforme (GNU/Linux, Windows et MacOS X). Il propose une large palette de fonctionnalités permettant de créer des dessins techniques ou des illustrations, des logos, des fontes de caractères, des dessins animés… « Inkscape fait partie du socle interministériel de logiciels libres préconisés par l’Etat, c’est une vraie reconnaissance de l’investissement collectif dont nous faisons preuve pour le développement de ces logiciels » précise Marc Jeanmougin.

Talel Adbessalem, Directeur de la recherche de Télécom Paris et Directeur du LTCI, indique que « L’école soutient financièrement cette initiative, notamment pour des équipements, le recrutement de stagiaires ou l’aide aux porteurs de projets. C’est important pour un établissement public comme Télécom Paris de promouvoir le développement des logiciels libres ».

Une visualisation obtenue grâce à scikit-network

Ce printemps 2020 a vu arriver plusieurs autres nouveautés. La nouvelle version de scikit-network, une librairie Python pour l’analyse de graphes de grande taille comme les réseaux sociaux, les graphes du Web et les données relationnelles, est disponible depuis le mois d’avril. Thomas Bonald, Professeur à Télécom Paris, créateur et principal contributeur de scikit-network, précise que « Nous déclinons la stratégie open source de l’école dans nos enseignements et scikit-network est dorénavant utilisé pour la formation initiale et la formation continue ».

YAGO, une des premières grandes bases de connaissance publiques, vient de dévoiler sa version 4, désormais basée sur Wikidata et Schema.org. Elle a été initiée par Fabian Suchanek, Professeur à Télécom Paris et développée en collaboration avec des chercheurs du Max Planck Institute for Informatics. En 2018, les concepteurs de YAGO s’étaient vu décerner le Test of Time Award de la conférence The Web.

L’organisation des connaissances avec Yago

Quant à la plateforme multimédia GPAC, sa version 1.0 vient tout juste d’être finalisée. GPAC s’adresse à un large public : étudiants, créateurs de contenu et développeurs qui souhaitent expérimenter de nouvelles normes pour les technologies interactives et leur diffusion : lecture sur les appareils mobiles, mise en place de serveur pour les applications de diffusion multimédia en continu… GPAC est développé dans le cadre des travaux de recherche de l’équipe Multimédia, sous la supervision de Jean Le Feuvre, Professeur à Télécom Paris.

Les projets open source sont aussi l’occasion de collaborations internationales, comme avec scikit-multiflow, développé par Télécom Paris, l’École polytechnique et l’Université de Waikato en Nouvelle-Zélande, avec l’aide de la communauté open source. Scikit-multiflow est une plateforme d’apprentissage statistique dédiée aux données à sorties multiples ou multi-étiquettes et aux flux de données. Albert Bifet, Professeur à Télécom Paris, explique que « scikit-multiflow complète ainsi scikit-learn, dont l’objectif principal est l’apprentissage par lots, en élargissant la gamme des outils d’apprentissage automatique disponible sur Python ».

Ces logiciels et bien d’autres ont également permis à Télécom Paris de gagner des projets collaboratifs ou d’obtenir des financements de thèses, autre preuve de l’importance d’avoir une politique volontariste autour des logiciels libres.