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NeurIPS 2019 : la plus grande conférence internationale sur l’IA accueille Télécom Paris à son comité de programme

NeurIPS Neural Information Processing Systems

La conférence Neural Information Processing Systems (ou NeurIPS), rendez-vous international dédié à l’IA et au machine learning, a lieu du 8 au 14 décembre à Vancouver (Canada) et rassemblera cette année 12 000 participants. Florence d’Alché-Buc, Professeure à Télécom Paris, est l’une des co-présidentes du comité de programme, garant de la qualité scientifique des articles sélectionnés.

La conférence NeuIPS est depuis son origine centrée sur les systèmes neuronaux, que l’on parle de modélisation des neurones biologiques ou bien de neurones artificiels. Au fil du temps, avec le développement sans précédent du numérique, elle est devenue le plus grand rendez-vous international en apprentissage statistique (machine learning) et en intelligence artificielle : dans quelques semaines, ce sont des milliers de chercheurs qui se retrouveront à Vancouver.

Cette année, le président du programme scientifique (program chair), Hugo Larochelle (Google Brain), a choisi trois femmes pour construire avec lui le programme scientifique : Alina Beygelzimer (Yahoo! Research), Emily Fox (University of Washington et Apple) et Florence d’Alché-Buc, Professeure à Télécom Paris – Institut Polytechnique de Paris et titulaire de la chaire Data Science and Artificial Intelligence for Digitalized Industry and Services. Pour elle, « cela représente à la fois un grand honneur et une grande responsabilité. C’est aussi la reconnaissance d’un investissement constant dans la conférence, depuis l’animation des premiers workshops et l’acceptation de mes premiers articles, jusqu’à un travail de rapporteuse, puis d’area chair (présidente de domaine) et enfin de senior area chair ces deux dernières années. »

Si un rapporteur doit s’acquitter de la relecture de 5 à 6 articles, un area chair doit en relire entre 20 et 25, et les senior area chair doivent traiter entre 140 et 150 soumissions ! Chaque année, ce sont environ 6 600 articles qui sont soumis et environ 1 430 qui sont finalement sélectionnés, soit 21%. En tant que co-présidente de programme, le rôle de Florence d’Alché-Buc est d’interagir chaque semaine avec les senior area chair pour discuter notamment des articles qui ne font pas consensus : sont-ils assez clairs, apportent-t-ils une nouveauté dans la connaissance du domaine, leur teneur scientifique est-elle suffisamment importante ? Ce travail de coordination, de relecture et d’arbitrage, ainsi que de nombreuses autres missions, représente pour les membres du comité de programme un ¾ temps de mai à septembre et un temps plein d’octobre à décembre !

Comme chaque année, NeurIPS proposera différents temps forts aux participants. Outre l’affichage de plus de 1 200 articles acceptés sous forme de posters, 36 seront présentés à l’oral par leurs auteurs et plus de 160 sous forme de « pitch ». Plusieurs prix honorifiques seront attribués, comme le « Test of Time Award », qui récompense un article accepté dix ans auparavant et qui représente, encore aujourd’hui, une avancée scientifique significative qui a marqué son époque. Cette année, le « Best Paper Award » sera remplacé par un « Outstanding Paper Award » : il ne semblait pas juste au comité de désigner « le » meilleur article sur plus de 1 500, il a donc été décidé de désigner un ou des articles jugés « exceptionnels », par exemple parce qu’ils clôturent un vaste sujet ou remettent en cause une approche communément acceptée.

Cette année, une attention particulière a été porté à la reproductibilité des travaux soumis. Le domaine de l’apprentissage artificiel, en croissance exponentielle, produit de nombreuses méthodes à un rythme effréné : il est primordial que toute nouvelle contribution corresponde aux standards habituellement en cours dans les disciplines scientifiques. L’action menée à NeurIPS 2019 a une visée incitative. Lors de la soumission des articles, les auteurs ont dû remplir un questionnaire qui leur permettait de prendre conscience des éventuelles lacunes de leur article : des questions portant sur la finesse de description des algorithmes présentés, des conditions d’utilisation de ceux-ci et des hyperparamètres leur ont été soumises. Il s’agissait donc d’encourager les auteurs à partager le maximum d’information sur leurs travaux. Cette incitation a porté ses fruits : 75% des articles acceptés ont fourni un code correspondant à leur méthode.

Le choix des conférenciers invités a été pour le comité de programme, l’occasion d’intenses discussions, notamment pour assurer une diversité et un équilibre entre les intervenants selon leur pays d’origine, leur appartenance à l’industrie ou au milieu académique ou encore pour permettre la représentativité des femmes. En effet, une prise de conscience de la nécessité d’une plus grande diversité a fait son chemin à NeurIPS ces dernières années. En 2018, la conférence a d’ailleurs changé d’acronyme, symbolisant ainsi ses efforts pour effacer le côté « geek » et très masculin habituellement associé à ce type de rencontres. Pour Florence d’Alché-Buc, « il est particulièrement important pour les jeunes étudiantes qu’elles puissent se reconnaitre dans des figures plus expérimentées et que la communauté de chercheurs en machine learning donne à voir des profils variés ». Dans cet effort collectif, on peut noter également la création d’un comité d’éthique et d’une commission à la diversité.

Cette année, les chercheurs de Télécom Paris ont vu six de leurs articles acceptés à NeurIPS, avec des contributions de Roland Badeau, Olivier Fercoq, Robert Gower, Gaël Richard, Othmane Sebbouh et Umut Şimşekli. Stephan Clémençon a également participé en qualité d’area chair. Télécom Paris peut se féliciter d’être remarquablement représenté à ce temps fort incontournable de l’IA et du machine learning.