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Thales, Renault, EDF... Comment les industriels voient la souveraineté technologique (L'Usine Nouvelle)

En lançant l’Observatoire de la souveraineté technologique jeudi 3 juin, Télécom Paris a publié une étude inédite sur la perception du sujet par les industriels. Pour les six partenaires interrogés, la souveraineté est plus une question de transparence et de réversibilité que de stricte indépendance.

La souveraineté technologique est devenue un enjeu majeur pour Bruxelles comme pour Paris. Mais le sujet n’est pas seulement politique. Comment cette problématique se pose-t-elle aux entreprises ? Que signifie concrètement ce concept pour elles ? Pour répondre à ces questions, angle mort du débat jusqu’à présent, Télécom Paris a interrogé les six entreprises partenaires de l’Observatoire de la souveraineté technologique qu’elle crée avec Netexplo, sous le haut patronage de Cédric O. Leurs réponses ont été présentées jeudi 3 juin au ministère de l’Économie. […]

« Le cloud semble être pour vous une guerre un peu perdue, a rapporté devant l’auditoire David Bounie, enseignant-chercheur à Télécom Paris et président du comité scientifique de l’Observatoire. Vous nous avez dit qu’il est très difficile de vous passer des technologies de cloud hyperscale [capable d’évoluer face à une demande accrue] des acteurs américains. Mais il semble encore possible de rééquilibrer la relation en rajoutant des couches technologiques européennes, en matière de cybersécurité par exemple. Ou par la régulation, à laquelle ils doivent adapter leurs solutions, comme AWS [le cloud d’ Amazon] avec le RGPD. » […]

Pour maîtriser ces technos, vous êtes tous unanimes sur le fait qu’il faut mieux interagir, a fait valoir David Bounie. Il faut créer des écosystèmes car les entreprises françaises et européennes n’ont pas les capacités, notamment financières, pour s’intégrer verticalement dans ces sujets. » Sans oublier l’aspect global de ces sujets. « Vous avez été nombreux à nous parler de souveraineté sur le matériel, à nous dire qu’on peut avoir les meilleurs logiciels, ça ne sert à rien si on ne maîtrise pas un peu le matériel, a ajouté David Bounie. Comme la crise des micro-processeurs nous le montre aujourd’hui. » […]

Image d’entête source Shutterstock via Les Échos