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Morpho Labs : la finance à but non-lucratif grâce à la blockchain

Finance non lucrative ? Non seulement Morpho Labs prouve que les deux sont compatibles, mais en plus cette jeune entreprise innovante créée par quatre étudiants, dont deux de Télécom Paris, obtient une très belle reconnaissance en levant 1,35 millions de dollars !
Imaginé en janvier 2021 par Paul Frambot (étudiant en Blockchain à Télécom Paris et Polytechnique) et Vincent Danos (directeur de recherche au CNRS) lors d’un travail de recherche, le protocole Morpho est une suite de services financiers d’un tout nouveau genre. La particularité ? Morpho est open-source, n’a pas de but lucratif et sert l’utilisateur avant toutes choses. Grâce à la blockchain, ce service est autonome, transparent et décentralisé.

Quelques mois plus tard, Paul s’entoure de Merlin Égalité (CentraleSupélec), Hugo Danet (HEC – Télécom Paris) et Mathis Gontier-Delaunay (Télécom SudParis) pour fonder Morpho Labs, une société de développement de logiciel open-source afin de programmer le protocole Morpho.

Accompagné dans cette levée par plus de 30 fonds d’investissements et business angels du monde entier tels que Nascent ou Semantic Ventures, Morpho Labs pourra ainsi produire une première version de Morpho d’ici la fin de l’année 2021.

3 questions à Paul Frambot :

En quoi consiste l’activité de Morpho Labs ?

Morpho Labs est une société de développement de logiciels blockchain open-source et innovants.

Comment et dans quel contexte avez-vous pu créer cette société ?

J’ai été l’étudiant de Vincent Danos à l’Institut Polytechnique de Paris sur un cours qui expliquait comment la finance pouvait être désintermédiée par la blockchain. Nous sommes restés en contact et après des mois d’échanges, nous avons lancé le projet. Vincent a préféré partir sur un autre projet même si les deux sociétés sont sœurs. Je me suis entouré de Hugo (Télécom Paris – HEC), Merlin (CentraleSupélec) et Mathis (Télécom SudParis) pour fonder Morpho Labs et porter le projet.

Auprès de qui avez-vous bouclé ce tour de table ?

Nous avons plus de 30 investisseurs et Angels différents du monde entier. Nos co-lead investisseurs sont Semantic LP (les investisseurs initiaux de Sorare, la start-up qui a fait la plus grosse levée de la French Tech aujourd’hui) et Nascent LP (nouveau fond américain spécialisé dans les applications de la technologie blockchain).

Communiqué de presse : Morpho Labs lève $1,35M pour développer
la finance à but non-lucratif de demain

Une finance d’un tout nouveau genre: la DeFi

La finance décentralisée (communément appelée DeFi) s’appuie sur la blockchain plutôt que sur des intermédiaires financiers centraux tels que des courtiers, des bourses ou des banques pour offrir des services financiers traditionnels. Une plateforme DeFi comme Morpho est ainsi hébergée sur une blockchain, dirigée par ses utilisateurs et cherche avant tout à servir leurs intérêts : un nouveau paradigme en rupture avec l’image que l’on peut sefaire de la finance traditionnelle.

L’utilisation de la Blockchain

Le protocole Morpho repose sur l’utilisation d’une Blockchain telle que Ethereum, qui rend l’exécution de contrats écrits en langage informatique parfaitement transparente et vérifiable.

Morpho Labs a ainsi imaginé et programmé un protocole qui permettra à chacun de gagner des intérêts et d’emprunter des actifs numériques efficacement sans avoir à se reposer sur un intermédiaire de confiance.

Une fois déployé sur la blockchain, le code écrit par Morpho Labs, visible par tous, ne dépend plus de nous. Même si nous voulions le supprimer ou le modifier, nous ne pourrions pas. De fait, un utilisateur est assuré de voir ses transactions financières se réaliser comme prévu, sans l’intervention d’un tiers de confiance
explique Merlin, chargé de la programmation des contrats.

Les applications pratiques

Dans un premier temps, Morpho permettra à chacun, entreprises comme particuliers, de générer des intérêts et d’emprunter des actifs numérisés sans avoir recours à un tiers de confiance et avec une efficacité économique sans précédent pour l’utilisateur. Un actif numérique ne se limite pas aux crypto-« monnaies », il pourra s’agir du crédit carbone d’une entreprise ou de l’immobilier d’un particulier.

Le choix du non-lucratif

Le protocole Morpho est conçu comme un bien public visant à fournir aux utilisateurs les meilleurs taux d’intérêt pour épargner des actifs numériques. Comme tout système logiciel, Morpho peut avoir besoin d’un flux de trésorerie pour maintenir et mettre à jour son algorithme mais ne peut pas vraiment faire de bénéfices. En effet, le code étant libre d’accès, il suffirait de le copier-coller pour supprimer les éventuels excédents d’exploitation et créer un protocole concurrent, plus intéressant car moins cher.

C’est la raison pour laquelle les utilisateurs de Morpho peuvent choisir d’utiliser la trésorerie pour améliorer le protocole ou assurer certains frais. Ils peuvent alors élire des sociétés telles que Morpho Labs pour effectuer des prestations de services. Aujourd’hui, déjà quatre sociétés dans le monde contribuent au protocole Morpho et de nombreuses autres devraient rejoindre l’aventure.

Il s’agit d’un changement radical de business model par rapport à la finance traditionnelle. Les contributeurs tels que Morpho Labs ne sont pas rémunérés pour opérer un service financier mais pour contribuer à l’améliorer. Les vertus sociales de la blockchain sont encore très méconnues mais elles sont immenses
déclare Paul.

Une levée de fonds pour produire une première version fin 2021

Depuis sa création, Morpho Labs a développé plusieurs prototypes fonctionnels de Morpho. Cette levée permettra à l’entreprise de sortir une première version complète du protocole d’ici la fin de l’année 2021, notamment avec l’audition de son code par différentes entreprises de sécurité informatiques ou le recrutement de nouveaux développeurs.

Image d’entête source Rawpixel/Freepik