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5G : l'onde d'un doute (France TV)

Photo Complément d’enquête

Les anti-5G sont-ils trop alarmistes, ou bien ont-ils des raisons de s’inquiéter ? Les ondes électromagnétiques générées par les smartphones seraient-elles dangereuses pour la santé ?

Avec Catherine Larrère, philosophe, opposée à la 5G ; Alain Sibille, professeur à Télécom Paris, Institut Polytechnique de Paris ; Michaël Trabbia, directeur de l’innovation chez Orange.

Alain Sibille : les affirmations selon lesquelles les effets de la 5G pourraient être cancérigènes relèvent de la méconnaissance : « on ne sait pas, donc c’est possible », ce qui est une position compréhensible mais peut faire peur à tort. Depuis l’aube de l’humanité, l’exposition aux ondes était à un niveau très faible, on est donc en droit de se poser des questions lorsque celui-ci est largement dépassé par des émissions artificielles. De là à dire que les effets sont dangereux pour la santé, c’est tout autre chose. Les interrogations sont parfaitement légitimes, des études restent nécessaires mais il faut absolument éviter les partis-pris.  On peut aussi mettre cela en regard des usages, question qui va bien au-delà de la question sanitaire avec le souhait d’y mettre des limites pour beaucoup de raisons. Il est donc naturel de faire montre de prudence, comme dans l’ensemble de la vie quotidienne, mais il faut éviter d’exporter des inquiétudes au-delà du raisonnable. Certes le nombre d’antennes va augmenter, les fréquences aussi (de l’ordre de 30%), mais la 5G restera dans la continuité des générations précédentes et il convient de regarder les risques avec beaucoup de recul.