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L’intelligence artificielle bouscule la « relation » humaine (La Croix)

Les machines ressemblent de plus en plus à l’homme… Avec quelles conséquences, dans un futur proche ?

« Face à une IA parlante, l’utilisateur est confronté à une forme d’incertitude : c’est une machine, mais qui, par sa voix, a une forme de sociabilité », explique Nicolas Rollet, sociologue et maître de conférences à Télécom Paris.

D’autant que l’enjeu va croissant, à mesure que la recherche progresse et s’intéresse de près à la question des émotions. À l’image de Chloé Clavel, professeure dans le domaine de l’informatique affective: « Pour que les systèmes conversationnels puissent offrir à leur utilisateur des interactions fluides et naturelles, il faut que le robot soit capable de lire les émotions et d’adapter ses réponses en fonction » , indique-t-elle. Mais le mouvement se fait aussi en sens inverse : « Le robot doit pouvoir reproduire des comportements avec une personnalité cohérente et fournir des réponses consistantes. » Il doit aussi paraître capable d’émettre des « émotions ». […] « En ne s’appuyant que sur la voix et la vidéo, nous sommes encore loin de robots qui surpasseraient les humains dans leurs capacités de perception des émotions », rassure-t-elle.

« Aujourd’hui, une IA n’est pas capable de reconnaître les fondements d’une interaction humaine, par exemple lorsque l’on “sent” au téléphone que la conversation touche à sa fin, renchérit Nicolas Rollet. Des choses faites avec une extrême facilité par un humain sont d’une extrême difficulté à reproduire pour une machine. » […] « L’IA simule, elle ne pense pas. Si elle vous dit “je t’aime”, ce n’est pas parce qu’elle a ressenti cette émotion, mais parce qu’elle utilise des outils mathématiques pour produire un énoncé qui va être prononcé par une voix grâce à des circuits électriques. »

(c) illustration IA robot tablette – auteur xb100 via Freepik