Pressroom

Qui se cache derrière les robots ? (France Inter)

Hunting for job
Quels humains se cachent derrière les robots ? Réponses avec le sociologue Antonio Casilli, professeur à Télécom Paris/IP Paris et spécialiste de nos usages numériques.

Sociologue d’une modernité liquide, il a fait de nos vies numériques un champ d’analyse très concret et interroge ce que les nouvelles technologies font aux humains de corps et d’esprit ! Antonio Casilli est l’invité d’Un monde nouveau sur France Inter : professeur de sociologie à l’Institut Polytechnique de Paris, il est l’auteur d’En attendant les robots, paru au Seuil et a participé à la web-série documentaire Invisibles, les travailleurs du vide, visible sur la plateforme France TV Slash.

Dans le cadre de cette émission, Antonio Casilli évoque aussi un fait peu banal : un jeune joueur d’échecs, qui participait à un tournoi d’échecs en Russie, se fait casser un doigt par un robot. Il s’étonne que ce soit le geste de l’enfant qui soit d’abord mis en avant et incriminé par les organisateurs du tournoi :

« C’est intéressant de remarquer la réaction des organisateurs de ce tournoi d’échecs qui ont tout de suite mis la faute sur l’enfant en disant que c’est lui qui avait commis une erreur parce qu’il avait été trop rapide, plus rapide qu’une machine intelligente parce que cet enfant est l’un des meilleurs champions d’échecs russes de moins de neuf ans. Donc il est plus rapide et plus intelligent que la machine. C’est un joli échec pour cette machine qui joue aux échecs, c’est-à-dire que c’est un “fail”. » […]

Un univers trop complexe pour l’intelligence artificielle : Antonio Casilli explique que ces machines peuvent agir et intervenir dans un cadre précis, mais dès lors que l’on sort de ce cadre, l’univers devient trop complexe : « Ces machines sont pensées et imaginées pour évoluer dans ce qu’on appelle, en mathématiques, des “espaces discrets”. Les échecs sont un cas classique. Vous avez 64 cases, 32 pièces et rien de plus. Mais l’univers est beaucoup plus complexe que ça. Il y a beaucoup plus de places que 64 cases dans l’univers et beaucoup plus de choses que 32 pièces. Et donc, parfois, un doigt peut, disons s’insérer dans la machine, et malheureusement aussi blesser en passant. »

Image d’entête source Freepik/Pressfoto