Pressroom

Derrière le déclin historique de son chiffre d'affaires, les sept plaies de Meta/Facebook (Challenges)

Le chiffre d’affaires de Meta est en retrait au deuxième trimestre 2022. Une première historique depuis sa création en 2004. Baisse des recettes publicitaires, concurrence ardue, polémiques en séries… Ce déclin s’explique par une série de plaies que la maison-mère de Facebook peine à panser.
Plusieurs experts, dont Thomas Houy, maître de conférences en économie numérique à Télécom Paris, donnent leur avis sur les difficultés actuelles de Meta/Facebook qui semblent annoncer la fin d’un règne sans partage.

Recettes publicitaires en baisse : la faute à la crise, vraiment ?

[…] Mark Zuckerberg lie la baisse de ses recettes publicitaires à la récession mondiale, mais Thomas Houy, maître de conférences spécialiste en économie numérique à Télécom Paris, note que, selon les prévisions de Dentsu, les dépenses publicitaires mondiales devraient augmenter de 8,7% en 2022. Si les recettes publicitaires de Facebook diminuent, c’est donc bien, avant tout, en raison de la concurrence : selon le cabinet Oliver Wyman, deux tiers de la croissance du segment publicitaire du “social” en France sont dus à TikTok, tandis que la part de marché de Facebook recule.

Le danger TikTok se rapproche : que faire ?

[…] Face au phénomène TikTok, Meta doit pour la première fois faire face à un adversaire sérieux.  Et s’en inspire. Problème : « on préfère toujours l’original à la copie », résume Anthony Poncier, consultant en transformation digitale. Ainsi, lorsqu’Instagram a mis en valeur davantage de vidéos et moins de photographies, de nombreux internautes […] ont dénoncé la « Tiktokisation » d’Instagram avec un slogan: “Make Instagram Instagram again”. Thomas Houy voit dans cette anecdote le révélateur d’une fragilité structurelle: « Maintenant, Meta veut davantage travailler son algorithme avec l’intelligence artificielle. Il veut que 30% des contenus proposés sur Facebook viennent de personnes que l’on ne connaît pas, au lieu de 15% aujourd’hui. C’est inspiré de TikTok. Meta devient follower alors qu’il était leader. C’est le signe d’une plateforme qui va mal. »

Projets, objectifs : Meta deviendrait une entreprise « banale » ?

[…] Facebook s’est rebaptisé Meta pour promouvoir son projet de réalité virtuelle, le métavers(e). Problème, pas sûr que l’engouement de ce projet onéreux prenne, explique Marianne Lumeau, économiste spécialiste du numérique à l’université d’Angers : « L’idéologie du métaverse est issue de la Silicon Valley, mais on ne peut pas savoir si les internautes vont adhérer ». Thomas Houy ajoute : « Quand on fait une histoire d’internet, on se rend compte que tout ce qui a marché n’était pas prévu. Le succès de Facebook est le reflet de cela. Et là, pour la première fois, Meta définit des objectifs [sur le metavers] et essaie de les atteindre. » Alors, forcément, le doute persiste. […]

Image d’entête source SocialFixer