Smartphones en déclin : l’autre visage de l’obsolescence numérique (I'M Tech)
mercredi 28 octobre 2026
[…] Généralement, les débats sur l’obsolescence numérique se concentrent sur la réparabilité ou le renouvellement des appareils. Mais avant d’être remplacé, un smartphone traverse souvent une longue phase de dégradation ordinaire : la batterie tient moins longtemps, l’espace de stockage se raréfie, les ralentissements se multiplient, et certains dysfonctionnements s’installent jusqu’à devenir une composante du quotidien.
À Télécom Paris, l’enseignant-chercheur et maître de conférences en design Samuel Huron s’est penché sur ce phénomène et son apparente banalisation. Avec une équipe de collègues issus du projet Limites Numériques, porté par l’Université de Toulouse et le De Vinci Research Center, le chercheur s’est intéressé à la fréquence de ces dysfonctionnements. Cette étude éclaire plus largement les usages des technologies numériques et les stratégies d’adaptation mises en œuvre face aux appareils défectueux.
Des smartphones pensés pour fonctionner… mais pas tout à fait
En tant que spécialiste du design d’interaction, Samuel Huron s’intéresse à la manière dont les personnes interagissent avec les technologies numériques. Alors que les dysfonctionnements font partie intégrante du cycle de vie des appareils, les travaux du chercheur l’ont conduit à questionner la conception même de ces appareils au regard de leur inadaptation aux usages.
« Nous concevons généralement les dispositifs numériques en supposant qu’ils fonctionnent correctement. Pourtant, dans la réalité, les utilisateurs rencontrent de nombreux problèmes et développent des stratégies pour continuer à utiliser leur appareil aussi longtemps que possible », explique le chercheur. […]