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Économie circulaire des smartphones et politiques de rachat

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Tiphaine George, diplômée ENSTA Paris et doctorante CIFRE à Orange Innovation et Télécom Paris (photo LinkedIn)

La journée scientifique IP Paris du 1er décembre 2025 à Télécom Paris était dédiée à la modélisation numérique et la transition écologique. 21 doctorants de l’Institut Polytechnique de Paris ont pu présenter leurs travaux en présentant leur thèse à la communauté scientifique en une minute.

À l’occasion du Colloque REFLEXIONS 2026 d’IP Paris sur la transition énergétique, jeudi 5 février, focus sur quelques sujets présentés en décembre, représentatifs des recherches menées en la matière à IP Paris.
Dont celles de Tiphaine George, diplômée ENSTA Paris et doctorante CIFRE à Orange Innovation et Télécom Paris, laboratoire Traitement et Communication de l’Information (LTCI), dont la thèse « Modélisation mathématique de l’économie circulaire, application au cycle des mobiles »  est dirigée par Marceau Coupechoux :

Comment concevoir des politiques de rachat de smartphones réellement bénéfiques pour l’environnement ? Dans sa thèse, Tiphaine George développe un modèle mathématique innovant de l’économie circulaire des smartphones afin d’évaluer l’efficacité des buy-back (politique de rachat d’anciens appareils), en tenant compte de leurs effets contradictoires sur le recyclage, le renouvellement des téléphones et les comportements des consommateurs.

En quoi consistent vos travaux de thèse ?

Mes travaux de thèse s’inscrivent dans un contexte où les technologies de l’information et de la communication représentent 4% des émissions globales et ont un important impact environnemental. Ils portent sur la modélisation mathématique de l’économie circulaire appliquée aux smartphones. Leur objectif principal est d’analyser comment les politiques de rachat d’anciens téléphones proposées aux clients lorsqu’ils souhaitent changer d’appareil – les buy backs – peuvent contribuer à réduire les émissions polluantes et les déchets. En effet, si ces mesures avantagent le recyclage ou le reconditionnement de smartphones, elles récompensent aussi l’achat de nouveaux appareils et leur renouvellement plus fréquent. La question de l’efficacité de ces mesures, des gains environnementaux espérés et de la définition d’une politique optimale est alors soulevée.

Pour y répondre, j’ai développé un modèle analytique innovant prenant simultanément en compte ces effets contradictoires et l’identification d’une valeur optimale de rachat. Il intègre pour cela plusieurs catégories de téléphones (premiums, basiques, reconditionnés), considère qu’un acteur global contrôle la valeur du rachat des téléphones premium et impacte la fréquence de remplacement ainsi que le taux de retour des appareils, puis segmente les consommateurs selon leur sensibilité aux buy-back pour refléter la diversité des comportements réels. L’influence d’autres facteurs, tels que l’éco-conception ou la sensibilisation des consommateurs est également mesurée.

Quelles sont les applications directes ou potentielles ?

Ce modèle intéresse principalement les acteurs impliqués dans la gestion du cycle de vie des smartphones : opérateurs, reconditionneurs, décideurs publics. Il constitue un outil d’aide à la décision pour concevoir des politiques publiques ou des stratégies d’entreprise et évaluer l’impact environnemental des buy-back. Il permet d’identifier des méthodes optimales pour encourager la durabilité en équilibrant la collecte des téléphones usagés et la fréquence de remplacement. Plus largement, il met en lumière les risques et les précautions à prendre lors du déploiement des politiques de rachat par des entreprises ou des responsables politiques.

Ce cadre méthodologique est adaptable à d’autres secteurs concernés par le rachat et la revente de produits d’occasion (industrie automobile, électroménager, équipements électroniques…), ce qui ouvre de nouvelles perspectives de transition vers une économie circulaire à l’échelle industrielle.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans une thèse de doctorat dans ce domaine ?

J’ai eu l’opportunité de réaliser un stage sur ce même sujet avant ma thèse et l’expérience m’a convaincue de poursuivre dans cette voie.

Cela faisait sens pour moi, notamment parce que je suis convaincue que la science doit servir des problématiques majeures de société, comme la transition écologique.
Tiphaine Georges

Par ailleurs, ce travail mobilise mes compétences en optimisation, ma spécialité, et me permet de les appliquer à un domaine concret et impactant. Enfin, je me sens soutenue dans le développement de modèles en accord avec mes intérêts scientifiques. Cette thèse s’est donc imposée naturellement comme une suite logique et motivante à mon parcours.